Conférence Pierre Moscovici


Mercredi 2 Décembre - 19h - Grand Auditorium de GEM



Pierre Moscovici, l’homme aux 100 fonctions

Tout au long de sa carrière politique, Pierre Moscovici a été tour à tour chargé de mission, ministre délégué, député européen et député français... Cette pluralité des expériences est-elle un atout ou montre-t-elle au contraire son opportunisme ?

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Ils en parlent

 

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Déroulé de la conférence

Le 2 décembre dernier, Gem En Débat recevait dans un auditorium comble Pierre Moscovici, dirigeant du parti socialiste et, à mots couverts, candidat aux élections présidentielles de 2012.

 

Pierre Moscovici a depuis toujours eu l’âme d’un leader. De nombreux mandats de délégués de classe attestent de sa popularité déjà bien assise, qui le mène aujourd’hui devant les étudiants de Grenoble Ecole de Management

 

Elève à l’Ecole Nationale d’Administration, ses qualités lui valent les faveurs d’un de ses professeurs, un dénommé Dominique Strauss-Kahn, qui l’invite à rejoindre le Parti Socialiste.

Un Parti Socialiste alors au fait de sa gloire miterrandienne qui eut tôt fait de convaincre Pierre Moscovici de rejoindre l’aventure. Cette rencontre lui ouvre les portes de la politique, terrain de jeu où, dit-il, il pourra faire valoir son sens du service public.

 

‘’C’était d’autres années, avant les années fric’’

L’élection de François Miterrand en 1981 à la présidence de la république souffle comme un vent de libération pour le jeune politicien avant que la déception ne le transforme en une bise bien plus piquante. C’est que Pierre Moscovici n’a jamais été adepte du personnage Mitterand, lui préférant Michel Rocard, se cantonnant à voter loyalement pour le ‘’chef de son camp’’.

 

A terme, il fallut bien que le jeune Pierre Moscovici éprouve son charisme acquis sur les bancs de l’école aux rudes joutes politiques de province. Et c’est le Doubs, circonscription imprenable pour la gauche depuis bien trop longtemps, qui deviendra le théâtre de ses premières campagnes électorales. Pari réussi pour la gauche qui voit ce jeune parachuté réussir là où tant d’autres ont échoué. A l’épreuve des urnes, Pierre Moscovici a su développer toutes les qualités du politique de terrain : arpenter inlassablement le terrain, arrondir les angles et rester modeste…

 

’’Comment peux-tu prétendre conduire le pays, tu ne sais même pas conduire une voiture?’’ Arnaud Montebourg

 

Mais Pierre Moscovici voit bien plus loin que Besançon, et l’homme est intarissable sur l’Europe, ses réussites et ses tourments. Il en relève l’importance, historique d’abord, avec la chute du mur – une joie profonde – et le rapprochement Est-Ouest, et considère l’élargissement à l’Est comme un faux-débat. Cela s’inscrivant dans la logique de la construction européenne de par ses racines historiques.

 

Pierre Moscovici met également en relief le mal-être social-démocrate actuel, sous-représentés dans la nouvelle commission. Un parti social-démocrate qui, selon lui, n’a pas réussi à inventer un système alternatif suite à la chute du mur et qui dès lors apparaît plus comme une variante de gauche du libéralisme (type politique Blair).

‘’Il faut inventer un modèle vraiment réformiste’’

 

Alors, est-ce la confirmation de la mort politique de l’Union Européenne ? C’est un pas que Pierre Moscovici ne franchira pas, non sans stigmatiser le polyglotte président de la commission européenne José Manuel Barroso qu’il considère en situation d’échec.

 

Il considère néanmoins comme un progrès la nomination d’un président permanent du conseil européen, qu’il voit comme le pendant du président américain, et d’un haut représentant de l’Union Européenne pour les affaires étrangères; postes actuellement occupés par le belge Herman Van Rompuy et la britannique Catherine Ashton.

Malheureusement, le casting manque de charisme pour Pierre Moscovici, et les susnommés ne seront jamais les figures de proue de l’Europe, mais plutôt des ‘’mécaniciens, là pour faire tourner, pas incarner l’Europe.’’

 

’Il y a eu de grands européens socialistes. Désormais, il n’y a plus de gens qui parlent d’Europe avec conviction, avec leurs cœurs, avec leurs tripes’’

 

Enfin, il s’élève contre les tentatives de faire ratifier le traité européen sans écouter la voix du peuple. Le traité a été refusé par référendum et doit donc être revoté par référendum.

 

 

Plus proche de nous, Pierre Moscovici se penche sur les maux actuels du parti Socialiste. Un PS qui a besoin ‘’d’un peu d’autorité et de beaucoup d’humilité’’ et qui souffre d’une triple crise : idéologique, d’alliance & de leadership. Un bilan sans concessions dans lequel il se garde bien d’écorcher Ségolène Royal.

 

Pierre Moscovici accorde une grande importance aux prochaines élections régionales, qu’il voit triomphantes, espérant bien rafler l’Alsace et la Corse à une droite combattant la fleur au fusil. Là ou la droite prépare 2012 en aspirant à quelques victoires éparses, la gauche répondra présente.

 

‘’Sarkozy a choisi de nationaliser la campagne, la gauche doit la régionaliser’’

 

Et si on lui parle de 2012, il laisse entrevoir les contours d’un programme encore en gestation. Favorable au maintien des 35 heures, à l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne et au mariage gay, il clame sa candidature aux primaires du Parti Socialiste. Les fondements de son projet s’axent autour d’un nouveau modèle de développement économiquement & écologiquement viable, d’une vraie fiscalité écologique, d’une forte transformation de l’urbanisme (écoquartiers sans voitures, alimentés par des énergies propres entre autres), d’une transformation des modes de transport et d’une industrie plus écologique.

 

‘’Ce parti a besoin pour 2012 d’incarner une société différente de celle de Sarkozy’’

 

Pour conclure ce vivant échange, qui vit de nombreuses questions émaner des tribunes, Pierre Moscovici choisit de nous laisser méditer sur cette dernière tirade :

‘’En France, le changement est nécessaire, possible. Le PS, malgré ses tares, est le seul parti qui puisse porter l’espoir.’’